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Nier l'efficacité du marché,
c'est affirmer l'existence d'un complot : la métaphysique grotesque
de la pensée de gauche refait surface.
Par MyMithra Le marché est le lieu (virtuel la plupart du temps) ou le moyen par lequel se réalisent l'ensemble des transactions libres. Il n'y a que deux alternatives : le marché libre, sur lequel se réalisent
librement les transactions entre individus,
Ainsi, le marché libre est nécessairement et exclusivement
l'expression
de la liberté des individus.
Si on considère que les intervenants du marché libre ne s'intéressent qu'au profit, alors ils vont nécessairement chercher les moyens de maximiser ce profit. Donc ils vont avoir des égards particuliers pour la réalité. En effet, s'ils se trompent dans leurs plans, s'ils sous-estiment ou sur-estiment les moyens de les mener à bien, etc... les profits ne seront pas maximums, et les intervenants risquent d'être éliminés par la concurrence, qui elle, aura mieux modélisé la réalité. En quelque sorte, si leurs théories sont fausses, ils disparaîtront. C'est tout simplement le phénomène trivial de la sélection naturelle: les animaux dont les théories appliquées (c'est-à-dire les organes) sont fausses dans leur anticipation de l'environnement disparaissent mécaniquement 1. Ainsi, le marché ne peut que tendre vers une meilleure adaptation des intervenants à la réalité. C'est la raison pour laquelle le marché est la solution a de nombreux problèmes concernant, justement, la perception de la réalité, ce qui revient à dire que pour progresser vers la compréhension de la réalité, il n'y a pas de meilleure solution que de ne rien planifier, ou encore que l'évolution, économique, technique, comme biologique, se fait toute seule si on ne l'entrave pas, et qu'elle ne peut se faire que toute seule. Prenons l'exemple de la discrimination à l'embauche: La discrimination consiste en fin de compte à payer (gagner moins) pour ne pas contracter avec quelqu'un. Appelons A une catégorie d'employés potentiels et B une autre, réputée être discriminée par rapport à A. Qu'est-ce-que cela veut dire exactement ? De deux choses l'une: soit (H1) les individus de B sont effectivement moins efficaces que ceux de A, et dans ce cas on ne peut parler de discrimination (il est normal de préférer A à B), soit (H2) les gens de A et de B sont en fait strictement interchangeables en regard de la tâche qu'on leur demande de faire. Le marché va automatiquement révéler quelle est la réalité. En effet, si H1 est la bonne hypothèse, les entreprises ayant embauché indifféremment les gens de A ou de B seront à long terme, toutes choses égales par ailleurs, moins productives et donc moins concurrentielles que celles qui auront choisi d'embaucher des gens de A et de B à des salaires différents et proportionnels à leurs compétences supposées. Elles ne feront ainsi que révéler l'inégalité de compétence des gens de A et de B à travers leur propre insuffisance, qui entraînera à long terme leur disparition plus probable du marché. Au contraire, si H2 est vraie, les entreprises qui accepteront de payer les B aussi cher que les A auront plus de choix de main d'oeuvre et seront donc ainsi avantagées par rapport aux entreprises qui se seront privées inutilement des services des gens de B. Ayant un plus grand choix de main d'oeuvre, elles réussiront plus facilement à attirer à elles des éléments compétents, et seront donc, globalement et à long terme, plus rentables: elles élimineront ainsi plus facilement les autres, celles qui se sont trompées dans leurs appréciations sur les compétences respectives de A et de B. Tout cela est assez trivial et inlassablement répété depuis des siècles: mais ce qui compte, c'est que par un tel procédé, le marché finira toujours par révéler la réalité, aussi complexe soit-elle. C'est le seul moyen de gérer la complexité. Au contraire, la planification sera d'autant moins efficace et possible que la complexité sera grande. Non seulement il n'est pas utile, mais il n'est pas non plus possible d'intervenir positivement, car la complexité est telle en pratique, qu'aucun individu ou organisme ne peut en avoir la capacité. Et plus le monde évolue, plus cette impossibilité sera grande. Donc, comme le marché révèle la réalité,
il est impossible que les intervenants ne finissent pas par identifier
leurs erreurs. Si on persiste à affirmer que la discrimination
existe quand même, alors, il faut admettre que le discriminateur
sait qu'il y perd. Il ne peut alors persévérer que s'il
a d'autres motivations que le profit pur.
Cette contradiction particulièrement criante est pourtant le pilier de la propagande politique de la plupart des collectivistes, comme les socialistes actuels. Pour en sortir, il faut admettre que les intervenants du marché ne recherchent pas uniquement le profit. Mais si l'on admet qu'ils ont des motivations d'ordre idéologique et moral indépendantes de considérations financières, il devient alors absurde de vouloir supprimer le marché sous le prétexte qu'il est immoral. Dans ce cas, pourquoi sa morale serait-elle moins valable qu'une autre, dans la mesure où elle est finalement le reflet des grande tendances morales des individus eux-mêmes, et pas seulement de leur aspiration au profit ? La critique du marché s'arrête donc là, sauf à admettre que la morale des intervenants est par essence mauvaise, c'est-à-dire qu'ils sont prêts à payer pour faire du mal: qu'ils sont prêts à gagner moins pour discriminer. Mais pour que la discrimination soit efficace à l'égard d'un groupe donné, en dépit de l'étendue du marché, il faut qu'il y ait un accord tacite et unanime sur la catégorie de gens à discriminer : c'est donc un complot. A ce stade, la métaphysique grotesque de la pensée de gauche refait surface: l'Etat doit donc lutter contre ce complot, et pour cela tous les coups sont permis. Les gens sont méchants, comprenez-vous ? Plutôt que de reconnaître que ce qu'elle appelle "discrimination" n'est en fait que le reflet d'inégalités réelles (ce qui est pourtant la conclusion obligatoire de sa propre hypothèse selon laquelle le marché ne cherche que le profit), elle préfère convaincre les gens d'admettre qu'il existe un champ d'irrationalité, en l'occurence la théorie du complot. Evidemment, la théorie du complot, comme toute théorie irrationnelle, est irréfutable (absolument tout peut être expliqué par un complot, c'est d'ailleurs pourquoi il est difficile de discuter avec certains paranoïaques), et n'explique donc rien. Ce qu'il faut surtout comprendre, à mon avis, c'est que l'Etat (en l'occurence socialiste ou socialisant) cherche à inventer toutes sortes de prétextes (la "discrimination") pour contraindre les gens à se plier à ses intérêts.
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