L'éducation nationale
Par MyMithra, janvier 2003

Comme la première connaissance morale doit être le droit à la liberté individuelle, il s'ensuit que la deuxième doit être que les hommes de l'Etat, qui assoient leur pouvoir sur la violation permanente de cette liberté, sont et ne peuvent être que les ennemis de leurs semblables et de leurs droits.

S'il est une entité qu'il faut absolument écarter de l'éducation des enfants, c'est donc l'Etat lui-même.

Car si les hommes de l'Etat prennent en charge l'éducation des enfants, ils auront pour soucis permanet, s'il veulent conserver leur pouvoir (et ils le veulent à n'importe quel prix) de détourner constamment l'attention de leurs élèves de ce qui constitue le fondement nécessaire de leur vie: leur droit inaliénable à la liberté, alors qu'il s'agit là de ce qui devrait être enseigné avant toute chose. Comme il est extrêmement difficile de faire croire à des opprimés qu'ils sont libres; comme il est extrêmement malaisé de persuader que les actions les plus immorales cessent de l'être dès qu'elles sont commises par les hommes de l'Etat, l'éducation que ceux-ci pourront offrir sera nécessairement à tous niveaux et dans toutes disciplines, infiltrée de propagande et de falsifications. Au lieu d'être clairs et simples, les concepts enseignés, parce qu'agrémentés de modifications ad hoc, seront flous et complexes, inévitablement mal compris et d'une faible utilité.

Les hommes éduqués de cette façon, se croyant libres et savants, ne seront rien d'autre qu'un troupeau d'esclaves dociles.

Mais ce n'est pas tout. Comme pour toute activité dont le monopole est entretenu par la force des armes, l'instruction sera fatalement de médiocre qualité, et sans lien direct avec les besoins réels des élèves. Aussi seront-ils d'autant plus mal préparés aux exigences de la vie laborieuse et productive que l'emprise de l'Etat sur l'éducation sera grande, à moins bien sûr que la vie active soit elle-même sous le contrôle de l'Etat, auquel cas la machine à éduquer pourra n'être qu'une préparation à entrer au service de l'Etat, à vivre par et pour lui. Au lieu d'apprendre à être productifs, les élèves y apprendront alors à glorifier l'Etat en place, s'imaginant que c'est là le but ultime et la raison d'être de leur existence.

Sachant à peine lire et écrire, haïssant la raison sans savoir qu'elle est le seul espoir de l'homme faible, ils défileront en masse dans les rues pour glorifier la "démocratie", la "république" ou toute autre chimère, débarassant les hommes de l'Etat de la peine d'accroître eux-mêmes leur pouvoir.

La suppression du monopole violent de l'éducation apparaît alors, au delà des considérations économiques par ailleurs importantes, comme une des exigences morales et humanistes les plus fondamentales.