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L'Etat est-il légitime ?
Par MyMithra
N'y a-t-il pas quelque chose d'étonnant, et même de choquant,
dans la conviction que la vie humaine sur terre serait un pur cauchemar
sans la présence de cette organisation omniprésente, artificielle
et violente, qu'est l'Etat ?
L'homme serait-il à ce point intrinsèquement pervers qu'il
ne pourrait pas vivre paisiblement sans être soumis à une
menace permanente, à une vaste atmosphère de coercition ?
Un observateur extraterrestre jugerait sans doute cette idée étrange,
mais il serait autrement plus étonné d'apprendre que cette
instance supérieure est elle-même sous le contrôle de
ces hommes pervers. Comment croire alors que cette organisation puisse
être autre chose qu'un instrument au service d'une perversion généralisée
?
Il faudrait se demander comment l'homme a pu évoluer, se développer,
passer du stade de simple primate à celui d'homo sapiens sapiens,
sans la présence ô combien chaleureuse et indispensable de
l'Etat !
Un observateur extraterrestre se demanderait peut-être également
pourquoi cette organisation n'a eu de cesse, au cours de l'histoire du
Monde, de s'acoquiner avec les représentants des idéologies
les plus farfelues et les plus absurdes dans un effort toujours renouvelé
d'affirmation de sa légitimité. Si l'Etat était légitime,
il devrait l'exposer par des arguments simples, concrets et rationnels,
et non par un galimatia absolument incompréhensible.
Notre observateur extraterrestre constaterait certainement qu'au cours
des siècles, les justifications de la légitimité de
l'Etat ont fortement varié. Les hommes de l'Etat ont d'abord prétendu
que leur légitimité leur venait des dieux, puis de Dieu tout
court. A ce stade, leurs arguments étaient incompréhensibles,
car les doctrines irréfutables comme les religions sont d'une infinie
complexité. Bien sûr, leur galimatia mythologique ne faisait
référence à aucune réalité, mais il
n'était pas possible de le démontrer logiquement.
Ensuite, la situation s'est aggravée : les hommes de l'Etat ont
prétendu que leur organisation s'occupait de faire appliquer la
volonté
générale, par le biais de la soi-disant
démocratie.
C'est là que le ridicule accompli et l'horrible cynisme des
hommes de l'Etat s'est réellement manifesté, puisque la "volonté
générale" n'existe pas, pour des raisons
logiques simples, ni donc, évidemment, la "démocratie".
En d'autres termes, l'Etat fait reposer sa légitimité sur
la nécessité d'appliquer un très beau principe de
ce genre: "2+2 = 5". Quelle tâche utile !
A ce stade, évidemment, notre extraterrestre serait sans doute
profondément étonné d'apprendre que la plupart des
gens (même parmi les plus doués) persistent à croire
que l'Etat est légitime.
Mais il se souviendrait à point que sur sa lointaine planète,
il existe une région où les gens naissent avec un gros ténia
dans le ventre, qui consomme la moitié de leur énergie et
qui les rend perpétuellement malade. Mais voilà, ces pauvres
gens sont persuadés que le gros ténia est un de leurs organes
vitaux, car ils n'imaginent pas la vie sans lui. Comment ne ferait-il pas
le rapprochement avec la petite planète Terre sur laquelle les gens
ont peur de se défaire de l'Etat qui a toujours été
présent à leur côté ?
Notre extraterrestre en visite comprendrait sans doute le fin mot de
l'histoire, en se rappelant que malheureusement, ce gros ténia est
très malin: il parle à l'intérieur du ventre et explique
continuellement de sa grosse voix à son hôte que sans lui,
il mourrait. C'est un stratagème qu'il a trouvé pour
que l'hôte aliéné le supporte et se croit même
son obligé. Car, oui, le soin d'éduquer et d'instruire, de former les esprits quand ils sont
encore tendres et maléables a été confisqué,
(...non, ce n'est pas possible !?)... par l'Etat !! Etat dont le premier
(et unique ?) soin est évidemment d'utiliser ce puissant vecteur
pour convaincre, encore une fois, de sa légitimité.
Pour cela, évidemment, il suffit à l'Etat d'orienter les
programmes de philosophie et de lettres, d'enseigner le mépris de
la rationalité, de favoriser l'émergence du relativisme
scientifique, et de raconter aux jeunes gens influençables que
l'Histoire est l'histoire de l'Etat! Pour les plus récalcitrants, quelques
coups et blessures bien sentis sont appropriés, à moins que
leur simple évocation suffise. Tout cela bien sûr, parce que
"2+2=5". Mais ça,
il se garde bien de l'enseigner aux âmes maléables. Seuls
quelques rares individus le sauront, au bout de longues études,
quant il fallait commencer par là.
Nous épargnerons à notre extraterrestre la panoplie des
exploits supplémentaires de l'Etat, car il pourrait mourir d'une
crise cardiaque : eh oui, non content de parasiter les individus, l'Etat
provoque aussi des guerres, des génocides et des déportations.
Il érige des bûchers et des camps de concentration. Quel rafinement,
quelle imagination ! Pourquoi s'en priverait-il, d'ailleurs, puisque plus
il est atroce et sanguinaire, plus les individus sont convaincus qu'il
est indispensable !!!
Mais le summum du grotesque est vraiment atteint lorsque l'Etat essaie
de nous faire croire qu'il assure notre sécurité! Comment! Voilà un voleur, qui pille
avec insolence les gens sous la menace des armes qu'il leur interdit de
porter, qui les suit tout au long de leur vie pour les piller toujours
davantage, et c'est lui qui prétend assurer ma sécurité
??? Qui, non content de me piller, m'empêche encore de faire du troc
avec mes amis sans l'en informer et sans utiliser sa monnaie ? Mais pincez-moi, là, je rêve !
L'aliénation est plus profonde qu'on ne le croit.
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